La partie suisse de l'équipage de Bula a succombé il y a quelques jours aux creux de 4 mètres (d'article en article, les creux de cette fatale journée se creusent : faut-il y voir les effets de la licence poétique, d'une suspecte imprécision mnésique, ou du tafia ?). Le couple a décidé de se refaire une santé dans ses montagnes, ce que je comprends d'autant mieux que mes vacances de cette année ont pour une fois ressemblé à ceci :
Benvenuto en Mordor.
Les milieux hostiles le sont plus ou moins,
selon les capacités d'amarinage de l'individu.
Les heureux rescapés du coup de tabac, titulaires d'otolithes impeccables (et donc sans aucun mérite), adressent à leurs coéquipiers l'expression de leur respect. Je n'ai jamais eu l'impression que mes quasi-évaginations stomacales sur Oop-pop-sh'bam suscitaient le respect du Capitaine, mais j'aime à penser que le fait que je retourne en mer année après année malgré mon incapacité à tolérer un support mouvant lui inspire un chouïa de ce noble sentiment. Ce serait la moindre des choses, quand on sait à quel point peut être désespérant le fait de rendre tripes et boyaux sans même avoir la consolation du souvenir d'agapes responsables d'une solide veisalgie.
Les lecteurs profanes dans l'art de la navigation et de ses effets physiologiques trouveront dès les premières pages de l'excellent livre de Jean-Philippe Jaworski (œuvre qui n'a pour seul défaut que d'avoir été écrite par par un nancéien) une description si rigoureuse de la symptomatologie de la naupathie qu'elle mériterait de figurer dans un recueil de sémiologie clinique.

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