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mardi 11 novembre 2025

Du coq à l'âne.

Certains d'entre mes incroyablement nombreux lecteurs se demandent quelle bizarrerie cognitive est à l'origine, dans les pages de ce blog, du passage de la migration des requins à l'anniversaire de mon Obersturmführer de coach préféré.
 
A y bien réfléchir, la réponse est à chercher il y a une quarantaine d'années, lors de mes années de classe préparatoire. Nous étions à l'époque supposés ingurgiter en une année (que la plupart d'entre nous redoublions) le programme complet d'un unique concours. La chimie organique représentait une grosse partie du programme. En fin d'année, un des exercices que nous infligeait notre remarquable et estimé (quelques années plus tard, parce qu'à l'époque, nous luttions avec brio contre un syndrome de Stockholm) professeur Philippe F., très précoce agrégé de physique-chimie, était la synthèse organique, qui prenait grosso modo l'allure suivante :
 
 
Il faut donc imaginer (je jure sur ma tête, à laquelle je tiens immodérément, que c'est la pure vérité), sur une feuille ronéotypée, au format A4 en mode portrait, une molécule en haut à gauche, une molécule en bas à droite, et pour aller de l'une à l'autre un nombre indécent d'étapes, auquel mon croquis est loin de rendre justice, avec à charge pour les représentants de l'élite de la France (et futurs châtreurs de matous) de remplir les cases vides à chacune de ces étapes, cases matérialisées ci-dessus par les points d'interrogation (molécules et catalyseurs). Philippe F. faisait son miel de ces synthèses organiques, qu'il pratiquait comme vous et moi une grille de mots fléchés ; mais le pire était que nous autres, élèves (sur)entraînés en un temps record, y parvenions également - et même : y avions pris goût (1). 
 
On ne sort pas indemne de deux années de ce régime. La preuve. 
 
(1) Eh oui, les jeunes, ils en avaient sous la pédale, vos parents. 
 

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